Volcan et enfants, que faut-il savoir?

Situé en territoire français, le Volcan La Soufrière est le point culminant de la Guadeloupe avec ses 1 467m d’altitude. C’est d’ailleurs en grande partie grâce à cette « vieille dame » (on appelle ce volcan « vié madanm la » en créole) que pour nous, la Guadeloupe semblait être une destination de choix, composée de montagnes et de mer, accessible à toute la famille, incluant le plus petit âgé de seulement 6 mois.

Volcan La Soufrière

Après en avoir fait la prospection sans enfant (à tour de rôle avec des amis) et dans toutes sortes de conditions, nous savions exactement à quoi ressemblait le sentier, les distances, les possibilités d’abri et le sommet. Ces informations précieuses sont plutôt utiles avec un jeune bébé lorsqu’on ne peut prévoir la météo au sommet. Mieux vaut être en mesure d’avoir des plans A, B, C…X avec des ti-mousses ! Il faut dire qu’avec seulement 40 journées d’ensoleillement par année, il ne fallait pas avoir d’attentes trop élevées en espérant une cime bien dégagée.

Dégagement au sommet avec vue sur le Gouffre Tarissant et Gouffre Napoleon pendant la prospection des mamans

Lorsque notre fille de 3 ans nous a répété à quelques reprises qu’elle aussi voulait aller voir la montagne qui crache de la fumée, nous avons profité de son intérêt et d’une fenêtre météo qui semblait intéressante pour foncer !

Réveil à 6h, petit déjeuner dans l’auto, maux de cœur et nouvellement mal des transports pour notre fille… quelques arrêts et petits sacs ont été nécessaires (croyez nous que la prochaine fois, on mangera un petit quelque chose à la maison avant d’emprunter une route sinueuse). 2h15 plus tard nous arrivons au stationnement, il pleut évidemment… Vous comprendrez que nous doutions sincèrement de notre plan. Néanmoins, petite exploratrice au teint un peu verdâtre nous confirme qu’elle est forte et qu’elle veut voir la fumée qui sort. On décide donc de vêtir nos imperméables en se disant qu’au moins la température est plus acceptable sous les 25*C que sous les 40*C.

Le sentier traversant la forêt tropicale

Porte-bébé, imperméable, eau, nourriture, trousse de premiers soins, essentiels de réparation (multi-outils, ductape, briquet, couteau, siflet et tyrap), couches, rechange, beaucoup de bonbons et c’est un départ ! On commence la randonnée à 950m d’altitude pour atteindre 1 467m. Faites le calcul, et oui ce n’est qu’un 500m de dénivelé réparti sur une distance de 3km de montée, soit un dénivelé plus faible que le Mont Ste-Anne. Pouaf, facile ça ! La différence c’est la météo changeante, et les rafales de vent que ce sommet, le plus haut de toutes les petites antilles, peut avoir. C’est principalement en raison de la météo que nous n’étions pas certains de nous rendre au sommet, et que cette randonnée devait, à elle seule, être une grande aventure avec ou sans atteinte du cratère. Il était important de mettre l’emphase sur toutes les petites découvertes qu’on pouvait faire sur le parcours, y compris l’odeur de soufre présente par endroits. Au moins on pouvait dire à notre fille que même si on ne voyait pas la fumée qui sort, on pouvait la sentir !

La pluie ne nous fait pas peur lorsqu’on bien équipé. Merci The North Face!

Randonner sur un volcan nécessite certaines précautions particulières

D’abord, sur La Soufrière il est important de ne jamais quitter le sentier puisque pendant la montée, certaines failles renferment des nappes de gaz carbonique qui rendent leur exploration dangereuse. Au sommet, il faut demeurer vigilants près des gouffres et des fumerolles car des émanations de gazs toxiques riches en acide chlorhydrique règlementent leur accès. Des risques typiques à connaître et à ne pas négliger lors d’une randonnée volcanique.

La gestion des risques sur un volcan actif et notre prise de décision

Pour notre part, les vents étaient assez imposants au sommet pour diriger la fumée des gouffres et des fumerolles dans le sens opposé d’où nous étions, ce que nous avons jugé comme étant une situation plus sécuritaire. Avec ces 100 000 visiteurs par année (loin d’être tous des sportifs comme ils nous appelaient), le Volcan La Soufrière demeure un des volcans les plus accessibles, visité par de nombreux randonneurs du dimanche en souliers blancs, jeans et robe. Étrangement, ce sont ces grands aventuriers rencontrés qui, à chaque tournant, nous jugeaient, nous dévisageaient et insistaient sur le fait qu’il ventait au sommet. Tsé ceux qui sont en coton ouaté sous la pluie… En réalité, c’est justement en raison du vent que nous avons décidé de nous rendre à côté du gouffre avec nos enfants ! Nous connaissions les risques et nous avons tenté de les gérer le mieux possible. Certes, il est important de faire preuve de vigilance avec les émanations volcaniques qui affecteront en premier les poumons des jeunes enfants, les yeux et la peau. Un des dangers c’est que les jeunes enfants ne reconnaitront pas nécessairement qu’ils sont victimes d’un malaise respiratoire, voilà pourquoi il faut redoubler de vigilance! Certainement il ventait fort mais nous, nordique dans l’âme, un 18*C dans le vent, ça ne nous fait pas peur. En plus, ça repousse les émanations dans le sens opposé alors on aime ça! On s’habille en conséquence, on prend notre temps, on réchauffe bébé en portage et on essaie d’anticiper les besoins en demeurant à l’écoute de nos enfants. Des pleures, on prend une pause à l’abri. Des cris, on les remplace par des chansons. Une petite faiblesse, on carbure aux collations et je l’avoue… aux bonbons !

C’est de cette manière que nous avons tenté le sommet et que notre fille n’avait que le sourire aux lèvres en mangeant sa récompense en regardant la fumée qui sort ! Bien mieux qu’une émission de télé! Pour notre petit homme, il faudra lui raconter, car nous savons bien que du haut de ses 6 mois il n’en gardera aucun souvenir.

Bébé bien au chaud dans son porte-bébé, merci Chimparoo!

Nous l’avons fait, à chacun de juger de leur propres compétences, connaissances et niveau d’aisance.

Prenez note que ces informations s’avèrent très pertinentes pour approcher n’importe quelle activité volcanique, y compris des zones très accessibles comme à Hawaii et en Islande. Visitez les liens ci-bas pour mieux comprendre les risques malgré que certains volcans sont habités.

La famille en cavale!

Pour mieux comprendre les risques associés aux activités volcaniques visitez ces liens:

Article sur les risques associés aux différents gazs volcaniques, USGS U.S. Geological Survey

Article sur  l’impact sur les gens de l’activité volcanique, Volcano Oregon State University

Article sur les problèmes de santé 2 ans après l’éruption du Kilauea à Hawaii, Medical Daily